Laurier Pontiac Buick poursuit General Motors
Publiée le jeudi 8 juillet 2010
Largués par General Motors (GM) en 2009, les propriétaires du défunt garage Laurier Pontiac Buick (maintenant Laurier Mazda) poursuivent le fabricant automobile pour 9,5 millions de dollars.
La famille Saillant, propriétaire d’une concession GM depuis 1995, à Québec, n’a jamais digéré avoir été ciblée dans le plan de restructuration «machiavélique» qui prévoyait la fermeture de 240 concessionnaires alors qu’elle possédait l’un des garages les plus performants « du Québec et peut-être même du Canada ». Ses ventes ont même augmenté de 2% entre 2007 et 2009, dans un contexte particulièrement difficile.
« La demanderesse et ses dirigeants ont été fortement surpris et ébranlés par la réception de cette lettre (annonçant leur fermeture), puisqu’il semblait évident à tous, dans la région de Québec, que si l’un des concessionnaires GM devait être fermé, ce qui n’était pas évident, il ne devrait certainement pas s’agir de la demanderesse, le plus performant d’entre eux », peut-on lire dans la requête introductive d’instance dont Le Journal a obtenu copie.
Incompréhension
Selon la poursuite, le directeur de la région de l’EST pour GM leur avait pourtant clairement fait comprendre au téléphone, quelques semaines plus tôt, qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter et que l’idée d’une fermeture ou d’une révocation de la concession était absurde compte tenu de leur excellence.
Les demandeurs avancent également dans leur requête que l’incompréhension était généralisée dans le réseau GM au Québec et qu’ils ont été sacrifiés suivant des critères qui ne leur ont jamais été exposés à ce jour.
Jacques Saillant et ses deux fils, Alexandre et Charles, dénoncent aussi l’ultimatum qu’on leur a lancé. Ils n’avaient que quatre jours ouvrables pour signer une convention de retrait progressif, alors qu’ils ne possédaient pas toute l’information nécessaire et que les détenteurs d’obligations américains n’avaient pas encore voté sur la proposition de la compagnie mère. Selon eux, GM a agi de mauvaise foi en véhiculant des faussetés et en présentant les choses dans un climat de précipitation et de panique qui avait pour but de leur forcer la main.
Perte de la clientèle
Laurier Pontiac Buick GMC Cadillac Hummer, que plusieurs considèrent comme une institution à Québec (la bannière existe depuis 1966), exige l’annulation de cette convention de retrait progressif qui équivaut à une « expropriation pure et simple de l’un des actifs les plus importants de la demanderesse, à savoir son achalandage, qu’elle avait elle-même construit patiemment au cours des années, pour le transmettre sans aucune indemnité à sa concurrente Marlin ».
Les requérants réclament 5,5 millions de dollars pour les profits manqués en raison de l’interruption prématurée et fautive de leur relation d’affaires avec GM. À cela s’ajoute un montant de trois millions pour les dommages exemplaires, 750 000 $ pour atteinte à la réputation commerciale (la médiatisation lui a causé un préjudice irréparable plaident-ils) et 300 000 $ à titre de préjudice moral pour l’angoisse et la détresse vécues par les trois demandeurs.
Source : Jean-Luc Lavallée, Agence QMI
