Huit ans pour payer son véhicule
Publiée le mardi 6 décembre 2011
Des concessionnaires automobiles offrent maintenant à leurs clients de financer leur véhicule sur 96 mois. Ces termes alléchants pour les acheteurs sont dénoncés par plusieurs observateurs.
Plusieurs concessionnaires automobiles offrent maintenant à leurs clients de financer leur véhicule sur une période de 96 mois. Ces termes de huit ans sont dénoncés par de nombreux observateurs de la scène automobile même s’ils sont alléchants pour plusieurs acheteurs de voitures.
«C’est attrayant pour certains consommateurs parce que les paiements ne sont pas élevés. Mais ils doivent être conscients que leur auto ne sera pas payée avant huit ans», a déploré Philippe Saint-Pierre, porte-parole de CAA Québec, soulignant que la plupart des fabricants offrent de longs termes échelonnés sur des périodes de 72, 84 ou 96 mois.
Une publicité du concessionnaire Des Sources propose ce mardi un véhicule Dodge Grand Caravan SXT financé sur 96 mois. Le véhicule qui se détaille à 21 995$ peut être payé aux deux semaines à raison de 26 versements de 135$ par année, incluant les intérêts de 5,99%.
Au terme des 96 mois, l’acquéreur de la voiture aura acquitté 6 085$ d’intérêts en plus des taxes de 3 063$ portant son achat à plus de 31 000$, sans tenir compte des frais d’inscription au RDPRM.
Autre exemple. Le concessionnaire Repentigny Fiat propose une Fiat 500 pour 37,95$ par semaine toujours pendant 96 mois. Le véhicule de 12 995$ aura coûté plus de 19 000$ après huit ans, en ajoutant les intérêts de 2 792$ au taux de 4,99%, les frais de transport de 1 400$ et les taxes de 2005$.
Luc-Olivier Chamberland d’Autonet.ca n’est pas surpris de l’étendue de ces nouveaux plans de financement. «Les constructeurs trouvent des façons pour accroître leurs parts de marché», a observé le journaliste automobile, déplorant que ces termes de huit ans encouragent le surendettement.
M. Chamberland croit que ce genre de proposition en vaut rarement la chandelle. Il estime même que les consommateurs risquent de perdre de l’argent en finançant un véhicule sur une période de huit ans.
«La plupart des automobilistes changent de véhicules après trois, quatre ou cinq ans. Ils ne pourront même pas rembourser leur prêt avec l’argent qu’ils vont obtenir de la vente de leur voiture», a analysé le journaliste d’Autonet.ca.
CAA Québec abonde dans le même sens que Luc-Olivier Chamberland et juge que la formule est risquée pour les consommateurs. «Après huit ans, la plupart des véhicules ont une valeur de revente très minime et ils ne sont plus couverts par aucune garantie du fabricant», a ajouté Philippe Saint-Pierre.
Source : Carl Renaud - site Argent.ca
